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Nous passons une grande partie de notre vie dans le mental, à imaginer, à anticiper, à rejouer. Comme un projecteur, il fabrique sans cesse des scènes, des scénarios, des fractions de réalités. Ces constructions mentales ont leur utilité, mais elles créent aussi l’illusion d’un réel devenu irréel : un monde dans lequel nous nous identifions davantage aux histoires que nous racontons qu’au silence de ce qui est.
Le corps, lui, ne projette rien. Il reçoit. Il ressent. Il incarne l’instant dans sa simplicité nue. Chaque souffle, chaque battement, chaque vibration est une porte vers la présence. Là où le mental fragmente, le corps unit. Là où le mental commente, le corps vit.
Se souvenir que « je suis » ne se trouve pas dans le scénario, mais dans l’espace silencieux qui accueille tout. Cet espace, on ne peut le penser ; on ne peut que l’habiter. Et l’habiter, c’est revenir au corps, à ce lieu où l’instant se donne pleinement, avant tout commentaire, avant toute projection.
Alors l’illusion se dissout, et demeure seulement la réalité vivante : le silence qui respire à travers nous, le mouvement immobile de ce que nous sommes vraiment.
Un texte simple, sans croyance, sans attente Bonjour, [...]
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